Au VIIème siècle (-700 à -601)

Les Phéniciens et les Grecs

furent les premiers à s’établir en Catalogne en y développant des comptoirs commerciaux, à Empúries (L’Escala) et à Tarragona. Les Carthaginois seront à l’origine du nom de Barcelone qui viendrait de Barcino en l’honneur du général Hamilcar Barcino, père d’Hannibal. S’en suivront les Romains qui régnèrent à partir de 206 av. J.C. sur toute la péninsule Ibérique durant 6 siècles. Ils furent à leur tour chassés par les Vandales et les Wisigoths au Ve siècle.

En 988

le Comte de Barcelone Borrell I

propulsa la Catalogne au rang de Communauté politique en ne renouvelant pas son serment d’allégeance à Hugues Capet, roi des Francs. Raimond Bérenger 1er rédigea la constitution « Usatges ».

En 1137

Raimond Béranger IV

épousa une princesse d’Aragon, élargissant ainsi le territoire de la Catalogne. Entre le XIIe et le XVIe siècle, la Catalogne étendit son influence politique et économique de Perpignan jusqu’à la Sardaigne en passant par les Baléares et Valencia. Le rôle de port de commerce connut son déclin dès le début du XVe siècle avec l’arrivée de la peste noire, effet accentué par la découverte de l’Amérique en 1492 faisant de Séville la nouvelle porte du commerce pour quelques siècles.

Mercat Municipal de Santa Caterina

L’un des marchés les plus populaires de Barcelone

Le marché de Santa Caterina fut le premier marché couvert de la ville, construit sur un ancien couvent en 1848.

Adresse : Av. de Francesc Cambó, 16
Horaires d'ouverture : Les lundis, mercredis et samedis: de 7h30 à 15h30. Les mardis, jeudis et vendredis: de 7h30 à 20h30.

Barrio Gotico

Le cœur historique

Plaça del Pi, quelques orangers plantent le décor sur cette place aux façades de style baroque. L’Eglise Santa Maria del Pi construite en 1453, dévoile sa façade surmontée d’une énorme rosace.

Plaça Sant Josep Oriol, propice à la flânerie avec ses terrasses de cafés ombragées sous les platanes. Plaça Nova, il était une fois… Barcino, c’est ici que la cité est née. Vous pouvez y voir gravée sur le béton du frontispice du Collège d’architectes (Collegi d’Arquitectes), la « Sardane » de Pablo Picasso.

Carrer Canuda, on y découvre l’Ateneu Barcelonès avec quelques tombes romaines. Ce bâtiment néoclassique constitua l’un des centres de la vie intellectuelle catalane. Sa bibliothèque est l’une des plus importantes de Catalogne et d’Espagne avec 400.000 volumes. Admirez le plafond qui est l’œuvre de Francesc Pla (XVIIIème).

Cathédrale de Santa Eulalia

Construite entre 1298 et 1454, sa façade de style néo-gothique date de la fin du XIXe siècle. Sous l’autel se trouve la crypte de Sainte-Eulalie, martyre de 13 ans. Les sépultures de Ramón Berenguer IV et de son épouse Petronila de Aragón reposent aussi dans la Cathédrale. Le cloître , se visite depuis la Cathédrale ou via la Carrer del Bisbe. Outre les chapelles ornées de retables, on vient surtout admirer le plan d’eau qui séduit par son atmosphère reposante où s’ébattent treize oies, chiffre symbolisant l’âge d’Eulalia lors de son martyr. Des orangers, palmiers, magnolias et hévéas apportent un certain charme au lieu. Sur l’esplanade de la cathédrale on y danse la sardane chaque samedi à 18h et dimanche à 12 h. Cette danse trouve son origine au XIXe siècle dans l’Ampurdan et réunit dans une ronde, des hommes et des femmes se tenant par la main pour exprimer leur joie et leur fraternité.

Carrer del Paradis, remarquez au n°10, le pavement incrusté d’une pierre de moulin qui marque le point culminant (15m) du Mont Tàber. La cour abrite un temple romain où trois colonnes corinthiennes faisaient partie du temple d’Auguste. Le lieu fut un forum (place publique) où se développait la vie politique, religieuse et administrative de la ville. Elle abrite le Centre excursionniste de Catalogne.

Plaça de Sant Jaume, centre institutionnel de la ville où siège depuis 1403 le Palau de la Generalitat de style renaissance et protégé par Sant Jordi (Saint patron de la Catalogne). En face, l’Ajuntament (hôtel de ville), de style gothique révèle une façade néo–classique de 1840.

Plaça San Just, l’endroit a su préserver un caractère authentique, avec son petit marché aux fleurs, ses balcons fleuris et son atmosphère méridionale.

El Call

Quartier juif de Barcelone

El call

El call - Mémoire juive

Au XIIIe siècle, la communauté juive se composait de 4000 habitants, dont la contribution fut importante au niveau intellectuel et commercial dans le développement de la cité. Des pierres gravées d’inscriptions en hébreu ont été réemployées pour l’édification de certaines églises au cours du moyen-âge, celles-ci provenaient en fait directement du cimetière juif de Montjuic (Mons Judaicus).

Le Montjuic (Mont des juifs), fut un repli pour les juifs du moyen-âge où les pieds des tombes sont dirigés vers l’est, en direction de Jérusalem. Le dernier témoignage de cette époque est gravé sur une tablette au n°1 de la C/ de Marlet avec l’inscription juive « El Santo Rabino Samuel Hasareri nunca se acabe su vida. Año 692 » et « Se halló con otros restos del tiempo de los judios en esta casa levantada sobre las ruinas de la que fundo, St. Domingo, Ano 1820 ». La petite communauté juive de Barcelone provenait principalement d’Europe centrale et de l’Empire Ottoman. Durant la guerre civile, quelques brigades juives en majorité allemandes et polonaises y firent un séjour éphémère jusqu'à l’arrivée des troupes franquistes.

En 1945, le Conseil des ministres, présidé par le Général Franco, accorda l’ouverture de la 1ère synagogue depuis l’expulsion de la Communauté en 1492. Dans les années 60, affluèrent les Juifs de tradition séfarade en provenance d’Afrique du Nord qui complétèrent la petite communauté de Barcelone. La fin du régime Franquiste apportera à l’Espagne la liberté de culte. Ceci dit, l’esprit antisémite qui régna en Amérique latine dans les années 70, fera revenir plusieurs familles juives en Catalogne.

On estime actuellement leur nombre à 8.000 répartis en deux communautés, dont 3.700, membres de la Communauté israélite de Barcelone (orthodoxe) et la Communauté juive Atid (futur en hébreu) de Catalogne et qui fut la première congrégation réformiste d’Espagne. Suite à une ordonnance du Roi Jaime I, en l’An 1243, on imposait la concentration des juifs dans des quartiers séparés appelés « calls judaïques », formés de ruelles étroites, que les catalans du moyen-âge appelleront calls, de l’hébreu Kahal (communauté).

Depuis le XIIIe siècle, il y a deux communautés judaïques : la colecta de Catalunya avec els Calls de Barcelona, Gérone, Lérida, Tortosa, Vic, etc. et celle de Rosellón avec comme capitale Perpignan, Puigcerdá et Collioure. En 1283, Pedro III interdit aux juifs d’exercer certaines professions du domaine public et juridique et de travailler dans les boucheries publiques. La plupart négociaient avec l’étranger et étaient banquiers. Les artisans étaient quant à eux regroupés par métiers.

A la fin du XIVe siècle, vers 1348, les juifs catalans subiront les premières attaques du Calls par des rebelles castillans qui accusèrent les Juifs d’avoir amené la peste noire en Catalogne. En fait, ces attaques n’étaient qu’une « razzia » sur les richesses personnelles que possédait la Communauté juive. Au début du XIVe siècle, les premières persécutions eurent lieu aux Baléares et en Castille.

En 1348, les juifs sont accusés de répandre la peste noire. En 1391, l’antisémitisme atteint son comble, avec l’assassinat de plus de 400 juifs à Barcelone par des bandes de pêcheurs. Les notables et commerçants les cachèrent et les protégèrent contre la haine de la populace, mais le le Call sera ensuite détruit.

Malgré la volonté de l’Etat, le courant antisémite ne cessera de croître et en 1395, la synagogue de la calle Sanahuja sera convertie en Eglise de la Trinité, actuellement église de San Jaime dans la calle de Fernando. En 1401 toutes les synagogues seront supprimées et 1424 marquera l’expulsion des Juifs d’el Call. Beaucoup d’entre eux se réfugieront aux Iles Baléares et à Cordoba. C’est un juif, Mahir, qui reliera en 1370 le premier très officiel Llibre verd de la ciutat de Barcelona. Les premiers imprimeurs barcelonais sont… allemands : Botel, Spindeler, Gherlinc, Rosenbach. Les tirages dépassaient à peine les 500 exemplaires et on y estampait des grammaires latines, des livres pieux, des œuvres de Llull ou d’Eiximenis.