Palamos – Platja d’Aro
Bien plus qu'un simple port de pêche, Palamós incarne l'art de vivre méditerranéen entre les eaux cristallines de la Costa Brava et les paysages préservés de l'Empordà. Adossée au massif des Gavarres, la ville dévoile un littoral spectaculaire où criques sauvages, pinèdes et falaises dessinent l'une des plus belles expressions de la Catalogne. Le mythique Camí de Ronda longe la côte, de la Platja Gran jusqu'au Cap Roig, offrant à chaque détour un nouveau regard sur la Méditerranée.
Au fil du sentier se dévoilent quelques-unes des plus belles criques de la côte : le Morro del Vedell, Els Pots, Cala Margarida, la plage de La Fosca ou encore Cala S'Alguer, pittoresque hameau de pêcheurs classé Bien culturel d'intérêt national. Plus loin apparaît la plage de Castell, l'une des dernières grandes plages vierges de la Costa Brava, préservée grâce à la mobilisation de ses habitants. Les vestiges du château de Sant Esteve de Mar, le village ibérique de Castell et le domaine de Mas Juny racontent plus de deux millénaires d'histoire, entre patrimoine, nature et culture méditerranéenne.
Réputée dans toute la Catalogne pour sa célèbre gamba, Palamós s'impose également comme une destination gastronomique incontournable. Véritable emblème de la ville, ce crustacé d'exception incarne la richesse des eaux locales, le savoir-faire des pêcheurs et l'élégance d'une cuisine méditerranéenne où la simplicité sublime le produit.
Platja d'Aro incarne le visage le plus vibrant de la Costa Brava. Cette élégante station balnéaire séduit par son atmosphère méditerranéenne, son énergie constante et sa longue promenade bordée de palmiers. Celle-ci longe la Platja Gran, vaste ruban de sable doré de 2,2 kilomètres, qui s'étire entre le rocher emblématique du Cavall Bernat, véritable symbole de la station, et l'embouchure de la rivière Ridaura.
Tout au long du front de mer, terrasses ensoleillées, cafés, restaurants et boutiques composent un décor animé où l'on prend le temps de flâner, du premier café jusqu'aux derniers rayons du soleil. À la nuit tombée, Platja d'Aro dévoile une autre facette : les lumières s'allument, les adresses les plus prisées s'animent et une élégante effervescence cosmopolite s'empare de la station, particulièrement durant les longues soirées d'été.
En quittant Platja d'Aro, le paysage retrouve rapidement le caractère sauvage de la Costa Brava. La route épouse les reliefs du littoral, serpentant entre criques discrètes, falaises escarpées et pinèdes baignées de senteurs résineuses. Face à nous, le bleu profond de la Méditerranée accompagne chaque virage, annonçant déjà la beauté de notre prochaine escale…
Palamós - Platja d’Aro
Une échappée sur la Costa Brava où l’art de vivre méditerranéen se nourrit des traditions maritimes, entre villages de pêcheurs, plages dorées et adresses de caractère.
Itinéraire 05.
Sant Feliu de Guíxols - Blanes
Née autour de son imposant monastère bénédictin, dont les origines remontent au Xe siècle, Sant Feliu de Guíxols s'est développée au fil des siècles avant de connaître un remarquable essor grâce à l'industrie du liège. Au XIXe siècle, cette activité florissante façonne durablement la prospérité de la cité et contribue à son rayonnement sur la côte catalane.
Aujourd'hui, Sant Feliu de Guíxols séduit par sa vaste plage bordée d'une élégante promenade maritime et par la richesse de son patrimoine architectural. Parmi ses édifices emblématiques, le Nou Casino La Constància, inauguré en 1889 et conçu par l'architecte General Guitart i Lostaló, attire tous les regards. Avec ses trois façades, ses arcs en fer à cheval, sa coupole et son remarquable style néomudéjar aux influences orientalistes, il incarne le raffinement architectural et l'effervescence culturelle de la Catalogne de la fin du XIXe siècle.
Plus au sud, S’Agaró se révèle comme l’une des adresses les plus élégantes et préservées de la Costa Brava. Née dans les années 1920 d’un rêve architectural inspiré par l’idéal noucentiste de la cité-jardin, cette enclave rare compose un paysage où villas raffinées, jardins parfumés et pinèdes méditerranéennes semblent avoir été dessinés en parfaite harmonie. À l’origine de cette vision, l’entrepreneur Josep Ensesa et l’architecte Rafael Masó imaginent un lieu à la fois intime et sophistiqué, qui devient rapidement le refuge privilégié de la bourgeoisie catalane et contribue à façonner le visage glamour de la côte.
Sur la pointe d’en Pau, dominant les eaux limpides de la Méditerranée, le chalet Ensesa, plus connu sous le nom de Senya Blanca, incarne l’esprit fondateur de S’Agaró. Première résidence édifiée dans l’urbanisation, elle voit le jour en 1924 sous la signature de Rafael Masó pour Josep Ensesa Gubert. Cette demeure noucentiste, organisée en plusieurs volumes autour d’espaces ouverts, séduit par l’élégance de ses porches aux arcs en plein cintre, ses terrasses tournées vers la mer et la manière dont son architecture semble prolonger naturellement le paysage environnant.
Autour de Senya Blanca, Rafael Masó imagine d’autres chalets emblématiques ainsi que les premiers contours de cette communauté résidentielle d’exception. Après sa disparition en 1935, Francesc Folguera et plusieurs architectes poursuivent son œuvre en respectant l’équilibre originel entre nature, architecture et art de vivre. Aujourd’hui encore, S’Agaró demeure l’un des témoignages les plus remarquables de l’architecture résidentielle catalane du XXe siècle, un lieu où patrimoine, élégance discrète et esprit méditerranéen continuent de se rencontrer.
Tossa de Mar fut décrite par Marc Chagall comme un véritable « paradis bleu ». Lors de son séjour en 1934, le peintre fut captivé par la lumière singulière, les tonalités infinies de la Méditerranée et la beauté presque irréelle du paysage catalan. Cette parenthèse enchantée nourrit son inspiration et donna notamment naissance à Le Violoniste céleste, une œuvre où se mêlent souvenirs, poésie et éclats de bleu. Aujourd’hui encore, cette couleur demeure l’une des signatures de Tossa, entre mer azur et ciel lumineux, comme une invitation à retrouver le regard émerveillé de l’artiste.
Entre 1933 et 1936, Tossa de Mar devint un refuge artistique et intellectuel d’exception, attirant des créateurs venus de toute l’Europe. Dans ses ruelles et face à ses paysages marins se croisèrent des figures comme Marc Chagall, André Masson, Georges Kars ou Jean Metzinger, contribuant à faire de la ville un foyer d’avant-garde. Rafael Benet baptisa cette effervescence culturelle la « Babel des Arts », une expression restée associée à cette période cosmopolite où peintres, écrivains et penseurs se retrouvaient autour d’un même esprit de liberté. Cette aventure artistique fut interrompue par l’arrivée de la guerre civile espagnole.
Aujourd’hui encore, Tossa de Mar conserve cette aura intemporelle. Dominée par la Vila Vella, son ancienne cité médiévale fortifiée, la ville dévoile un décor où chaque pierre semble raconter une histoire : ruelles pavées, remparts baignés de soleil et panoramas spectaculaires sur la Méditerranée composent une promenade hors du temps.
Pour découvrir une autre facette de son charme, laissez la plage principale derrière vous et empruntez le Cami de Ronda, ce sentier côtier qui serpente entre pins, falaises et parfums de thym et de romarin. Il mène vers de précieuses calas, de petites criques aux eaux cristallines nichées dans la roche, où il devient facile d’imaginer pourquoi Chagall trouva ici l’un de ses plus beaux paysages : un lieu suspendu entre art, nature et lumière.
Plus au sud, Lloret de Mar dévoile une personnalité à plusieurs facettes. Si ses plages ensoleillées, ses restaurants animés, ses activités variées et sa vie nocturne en font l’une des stations les plus connues de la Costa Brava, la destination révèle aussi un visage plus confidentiel, entre nature, patrimoine et art de vivre méditerranéen.
Il suffit de s’éloigner du centre pour découvrir un littoral plus intime, ponctué de criques aux eaux cristallines, de sentiers côtiers bordés de pins et de panoramas spectaculaires sur la Méditerranée. Entre falaises sauvages, paysages préservés et héritage historique, Lloret de Mar offre une expérience plus authentique, loin des clichés de la station balnéaire.
Parmi ses trésors les plus remarquables figurent les jardins de Santa Clotilde, perchés au sommet d’une falaise entre la crique de Sa Boadella et la plage de Fenals. Imaginés comme un dialogue entre architecture, végétation et mer, ils offrent l’un des plus beaux points de vue de la Costa Brava.
Créés à partir de 1918 à l’initiative du marquis de Roviralta, Raül Roviralta i Astoul, puis conçus par l’architecte paysagiste Nicolau Maria Rubió i Tudurí dès 1919, ces jardins s’inspirent de la Renaissance italienne et du Noucentisme catalan. Terrasses, sculptures, escaliers et végétation méditerranéenne composent un ensemble élégant où chaque perspective semble pensée comme une œuvre d’art.
Dédiés à Clotilde Rocamora, première épouse du marquis, les jardins furent préservés par la famille Roviralta jusqu’en 1997, avant d’être acquis par la mairie de Lloret de Mar. Classés Bien culturel d’intérêt national (BCIN) en 1994 par la Generalitat de Catalogne, ils comptent aujourd’hui parmi les plus beaux jardins historiques méditerranéens de Catalogne.
À l’endroit où la Méditerranée ouvre la porte de la Costa Brava,
À l’endroit où la Méditerranée ouvre la porte de la Costa Brava, le rocher de Sa Palomera se dresse comme un emblème de Blanes. Cette formation rocheuse, qui sépare la baie de la ville de la plage de S’Abanell, est considérée comme le point symbolique de départ de la côte sauvage catalane. Depuis son belvédère, le regard embrasse le littoral et révèle le lien profond qui unit Blanes à la mer.
Le port de Blanes conserve l’empreinte d’une longue histoire maritime. Dès le XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle, la ville développa une importante activité liée à la navigation, à la pêche et à la construction navale, faisant de la mer le cœur de son identité. En longeant les quais, on découvre l’ancienne halle aux poissons puis la nouvelle Llotja del Peix, où, du lundi au vendredi, les professionnels se retrouvent pour la traditionnelle criée. Ici, les captures du jour sont vendues selon le système de l’enchère à la baisse, une pratique ancestrale où chaque seconde compte.
Anchois, melva, crevette rose et langoustine figurent parmi les trésors marins proposés par la criée, issus des eaux riches qui bordent Blanes, notamment celles du canyon sous-marin voisin. Assister à cette scène quotidienne, c’est découvrir une facette authentique de la Méditerranée : celle des pêcheurs, des gestes transmis et d’un patrimoine gastronomique vivant.
Au-delà de son héritage maritime, Blanes abrite également le Jardí Botànic Marimurtra, un lieu d’exception perché face à la mer, reconnu comme l’un des plus beaux jardins botaniques de la Méditerranée.
Suspendu au-dessus de la Méditerranée, à Blanes, le Jardin Botanique Marimurtra est l’un des joyaux les plus fascinants de la Costa Brava. Créé par Carl Faust (1874-1952), entrepreneur allemand installé en Catalogne et passionné de sciences naturelles, ce lieu est né d’un rêve singulier : créer un espace où la beauté du paysage méditerranéen s’unirait à la recherche botanique. Après l’acquisition des premiers terrains en 1918, Faust se consacra pleinement au projet à partir de 1924, entouré de scientifiques et de botanistes.
Aujourd’hui, Marimurtra rassemble plus de 3 000 espèces végétales venues des cinq continents. Jardins méditerranéen, subtropical et tropical dévoilent palmiers, cactus, araucarias, eucalyptus et plantes aromatiques dans un décor spectaculaire où la végétation rencontre les falaises et la mer. La partie ouverte au public s’étend sur environ 4 hectares, offrant une promenade unique entre nature, science et contemplation.
Sur le promontoire de Sa Forcanera, le Temple de Linné révèle l’une des vues les plus remarquables de la Costa Brava, face à une crique emblématique baignée par la Méditerranée. Créée en 1951 après la disparition de Carl Faust, la Fondation Carl Faust veille depuis lors à préserver cet héritage botanique exceptionnel et à prolonger sa vision d’un jardin où la nature devient une œuvre vivante.
La "Ruta de los Indianos"
Blanes, sur les traces d’un héritage entre Méditerranée et Amérique
De Palafrugell à Sant Feliu de Guíxols, en passant par Begur, ces anciennes cités maritimes conservent la mémoire des Indianos, ces Catalans partis tenter leur chance en Amérique avant de revenir transformer leur terre natale. Dernière étape de cet itinéraire, Blanes dévoile un patrimoine discret où demeures élégantes, jardins exotiques et récits familiaux témoignent d’une époque d’échanges entre la Méditerranée et les Caraïbes.
Au XIXᵉ siècle, de nombreux habitants des villages côtiers catalans quittèrent leur région pour chercher de nouvelles opportunités dans les territoires américains, notamment à Cuba et à Porto Rico, alors liés à la monarchie espagnole. Souvent partis jeunes, ils développèrent des activités dans le commerce, le tabac, le sucre, l’industrie ou la navigation. Certains revinrent après plusieurs années avec une fortune importante, devenant des figures influentes de leurs communautés d’origine.
Leur retour marqua profondément le paysage de la côte catalane. Les Indianos firent construire des maisons imposantes qui reflétaient leur réussite et leurs souvenirs d’outre-mer. Ces demeures, inspirées par les styles coloniaux, néoclassiques, éclectiques ou modernistes, mêlaient élégance européenne et influences caribéennes. Jardins luxuriants, plantes exotiques et détails architecturaux évoquaient les paysages découverts au-delà de l’Atlantique, perpétuant encore aujourd’hui l’esprit de voyage et d’aventure qui caractérise cet héritage.
Laissez-vous charmer...
Parcourez la "côte sauvage" entre falaises et criques préservées, sur des sentiers aux panoramas spectaculaires. Face à vous, Calella de Palafrugell révèle l’élégance d’un ancien village de pêcheurs.