La baie de Roses
Depuis Cadaqués, une route de montagne aux lacets vertigineux serpente entre les reliefs escarpés du cap de Creus avant de rejoindre Roses, dans un enchaînement de panoramas où la Méditerranée surgit à chaque virage. Ancienne colonie grecque de Rhode, fondée selon la tradition en 776 av. J.-C. en hommage à l’île égéenne du même nom, la cité a traversé les siècles sans jamais rompre avec son identité maritime. Aujourd’hui, cette élégante station balnéaire, lovée entre les premiers contreforts des Pyrénées et une baie lumineuse, déroule son front de mer jusqu’aux criques de Cala Montjoi, où les grands hôtels semblent se fondre naturellement dans le paysage côtier.
En poursuivant vers Cala Montjoi, à proximité de Mas Marès, une halte s’impose devant le dolmen de Creu d’en Cobertella, le plus monumental ensemble mégalithique de Catalogne. Découvert en 1912 puis restauré en 1957, ce vestige préhistorique inscrit la présence humaine dans ces paysages bien avant l’essor des ports et des stations balnéaires.
Quelques kilomètres plus au sud, Empuriabrava offre un contraste saisissant. Imaginée au cœur de l’essor touristique des années 1960, cette cité lacustre artificielle déploie un impressionnant réseau de canaux bordés de villas contemporaines et de bungalows. Son concept, audacieux pour l’époque, reposait sur une promesse devenue sa signature : permettre à chaque propriété de disposer de son propre ponton, avec un accès direct à l’eau pour amarrer son bateau devant la maison.
La baie de Roses, ou Badia de Roses, complète ce paysage avec une plage qui s’étire sur près de quinze kilomètres. Ouverte aux vents, elle s’est imposée comme l’un des hauts lieux espagnols de la planche à voile, rivalisant avec Tarifa, à l’entrée du détroit de Gibraltar.